Pour le Bulletin d’information de l’association Kwandika de janvier-février 2026, Isabelle Darras Collombat m’a demandé d’écrire un texte pour expliquer pourquoi les éditions Izuba avaient décidé de soutenir ce projet.

Les raisons pour lesquelles les éditions Izuba soutiennent ce projet sont expliquées ci-dessous.
Vous pouvez retrouver ce bulletin sur le site de l’association Kwandika: https://kwandika.com.
Donner le goût de la lecture et de l’écriture aux jeunes générations
Publier un livre, ce n’est pas seulement produire un objet imprimé. Il s’agit aussi de contribuer à la circulation des idées, des récits et des expériences. De participer au partage des sensibilités et des visions du monde, en rappelant notre humanité commune et tout ce qui nous lie, au-delà de nos différences, de nos cultures, de nos vécus et réalités.
Lorsqu’Isabelle m’a présenté le projet Kwandika, une évidence s’est imposée : il répondait profondément à l’une des missions que les éditions Izuba se sont données.
Nous croyons que la littérature ne doit pas être seulement un espace réservé aux écrivains confirmés, mais aussi un lieu où chacun peut apprendre à raconter son monde et à partager ses idées, à mettre des mots sur ses émotions et à livrer son regard et son expérience.
Écrire : partager et témoigner
Izuba a ainsi créé la collection, « Témoignage de rescapé-e-s », pour permettre de raconter l’histoire, difficilement dicible, de personnes ayant traversé l’horreur du génocide perpétré contre les Tutsi et souhaitant témoigner et transmettre cette mémoire. Mémoration de celles et ceux qui ont été arrachés à la vie trop tôt. Souvenir des êtres chers emportés par le racisme et la haine : pour ne jamais les oublier, ne jamais oublier, et pour participer de la lutte contre les idéologies mortifères et contre le négationnisme. « Kwibuka ». Se souvenir, se remémorer. Transmettre cette mémoire, tout particulièrement aux jeunes générations.
Trente-deux ans après le génocide, cette histoire imprègne encore une société qui a su se reconstruire, retrouver son unité et qui a vu naître une nouvelle génération de Rwandaises et de Rwandais. Les moins de 15 ans représentent près de 48 % de la population du pays. À la fois éloignés de cette histoire tragique qui s’est écrite bien avant leur naissance, ils y sont aussi rattachés par l’histoire nationale et familiale, le vécu des parents et grands-parents.
C’est dans ce contexte singulier que les adolescents rwandais se sont construits. Qu’ont-ils en à dire ? À écrire et partager ?
La transmission de l’histoire ne passe pas uniquement par les livres scolaires ou les discours officiels, mais aussi par la parole des nouvelles générations qui cherchent à comprendre et à construire leur propre rapport au passé.
France-Rwanda : un livre, un dialogue entre deux jeunesses
À travers le projet Kwandika, et au-delà de leurs questionnements sur cette mémoire, les adolescents rwandais ont été amenés à correspondre avec des adolescents français : écrire et réfléchir ensemble à ce que signifie être adolescent aujourd’hui.
Les textes réunis par Isabelle, Carole et Sarah dans ce livre parlent du quotidien, de l’amitié, de la famille, des rêves et des inquiétudes, des espoirs qui traversent l’adolescence. Ils évoquent aussi bien sûr l’histoire et la mémoire, particulièrement présentes au Rwanda, et la manière dont les jeunes générations se situent face à ce passé.
Le projet Kwandika est ainsi bien plus qu’un simple recueil de textes scolaires. Il est le témoignage d’un dialogue entre deux jeunesses, entre deux contextes culturels et historiques, entre deux façons d’habiter le monde. Ce livre, écrit par des élèves à destination d’autres élèves, mais aussi des adultes, est une fenêtre sur leurs vies, leurs peurs, leurs interrogations face à l’Histoire, et sur la manière dont ils choisissent de la raconter.
Un projet pédagogique et humain
Le projet Kwandika est également une formidable expérience pédagogique et linguistique. Les ateliers d’écriture animés par Isabelle ont permis aux élèves d’expérimenter différentes formes de narration : raconter un souvenir, décrire un lieu, se présenter, interroger un thème ou une question qui les touche. Écrire devient alors un outil pour mieux se connaître, mais aussi pour mieux comprendre l’autre.
La correspondance entre les élèves a joué un rôle essentiel dans ce processus. Écrire à quelqu’un qui vit dans un autre pays, imaginer sa vie quotidienne, lui poser des questions, découvrir ses réponses : tout cela transforme l’écriture en un véritable espace de rencontre. Peu à peu, les adolescents découvrent que, malgré les différences de contexte, malgré les six mille kilomètres qui les séparent, beaucoup de leurs préoccupations se rejoignent.
Une expérience unique : publier un livre
Publier « Dans la paume de ta main » permet ainsi de prolonger cette rencontre au-delà des deux classes qui ont participé au projet. Le livre devient un objet de transmission. Il permet à d’autres adolescents, à d’autres lecteurs, de découvrir ces voix et ces textes.

Participer à la publication d’un livre, être reconnu comme auteur et voir que ce que l’on écrit mérite attention, mérite d’être partagé, est aussi une expérience qui aura marqué les élèves. La restitution de ces textes — la lecture publique qui en a été faite par les élèves eux-mêmes à Kigali — a été un moment très fort. Et pour eux très gratifiant.
Donner le goût de la lecture et de l’écriture aux jeunes générations
La publication de « Dans la paume de ta main » rappelle que l’écriture est un outil puissant pour construire des ponts. Entre les générations, entre les cultures, entre les histoires individuelles et l’histoire collective.
C’est pour toutes ces raisons que les éditions Izuba ont souhaité soutenir ce projet et publier ce livre. Parce qu’il incarne l’esprit même de ce que la littérature peut être : un espace de rencontre, de transmission et de partage. Mais aussi un lieu où la jeunesse peut prendre la parole et où cette parole peut trouver des lecteurs. Pour les éditions Izuba, soutenir ce projet signifie aussi affirmer cette conviction forte : la jeunesse a des choses à dire.
Nous sommes pleinement engagés à continuer à leur donner la parole et attendons avec impatience de pouvoir publier le second volume de cette collection Kwandika.
Pour les éditions Izuba,
Bruno Gouteux
Le site de l’association Kwandika:
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